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Ce que la joie ne dit pas

  • Photo du rédacteur: Amrit
    Amrit
  • 13 juil.
  • 18 min de lecture
Photographie de IlonaBurschl, sur Pixabay.
Photographie de IlonaBurschl, sur Pixabay.
La prémisse de ce texte

Le blitz autour de l’entrevue donnée à Abc Talk TV tire à sa fin et je commence à prendre un peu de recul en regard de tout ce qui a entouré la sortie de celle-ci.


J’ai reçu toutes sortes de belles rétroactions qui font chaud au cœur. Même si je sais que je l’ai déjà dit, je tiens à le répéter: Je suis vraiment remplie de gratitude pour tous ces beaux retours.


L’entrevue abordait des sujets délicats, donc je me doutais qu’il y aurait des rétroactions et commentaires qui risquaient de toucher plus particulièrement les aspects sensibles qui y ont été abordés. Étonnamment, il y en a eu quand même très peu. Cela dit, ce qui m’a le plus surpris, ce n’est pas le nombre mais plutôt ce que cela a soulevé auprès de gens qui me connaissent et connaissent également « mon histoire ».


Il y a eu, de ce côté, certains remous inattendus.


C’est peut-être parce que je n’avais pas réellement d’attentes particulières que j’ai été surprise à plusieurs niveaux. Notamment quant à ce qui concerne la tentative de suicide. Je ne m’attendais pas à devoir réouvrir la boite de cette tranche de vie de la manière dont elle s’est ouverte. Je ne m’attendais pas non plus à réécrire un texte sur un sujet dont j’ai pourtant beaucoup parlé pendant plusieurs années…


À chaque semaine de la santé mentale, pendant au moins un bon 4 ou 5 ans.


J’ai tellement écrit sur ce sujet que lorsque j’ai repris la plume cette fois-ci, j’étais certaine que le texte passerait un peu inaperçu. Comme la plupart de ceux que j’avais écrit à l’époque sur ce sujet.


Erreur…


Ce fut de loin le texte qui, du moins sur Substack, a été le plus lu. Le plus de clics aussi sur Facebook vers un lien externe. Ce qu’il est très difficile d’obtenir sur cette plateforme…


Est-ce que les « mentalités » seraient à changer?


Difficile à dire. 🤷🏻‍♀️


Chose certaine, il y a une dizaine d’années, ce sujet interpellait les gens différemment. En fait, il interpellait très peu, à moins que vous n’ayez été touché/e de près par la question. Peut-être était-il considéré comme plus tabou?


Du côté de YouTube, encore là, sur la chaîne de Abc, j’ai lu des choses vraiment gentilles et remplies de bienveillance. Sur ma propre chaîne, peu de visionnements et commentaires. Ce qui est normal car ce n’est pas une chaîne que j’entretiens beaucoup. Ce qui fait qu’il n’y a pas un grand nombre d’abonnés.


Mais il y a quand même eu quelqu’un qui m’a envoyé un commentaire qui m’a amené à écrire le présent texte. Même si ce n’est pas la seule raison pour laquelle je l’écris. Je crois qu’il est bon de refaire le tour de certaines questions. Sur lesquelles il faut parfois revenir épisodiquement comme créateur de contenu.


Ce commentaire n’était pas grossier ou haineux, non. Tout un plus, peut-être rempli d’une certaine forme de jalousie ou d’envie. Encore là, difficile à dire. J’aurais pu le laisser là, mais après l’avoir lu, j’ai décidé de le supprimer. Parce qu’il soulevait quelque chose auquel je n’ai pas envie d’être associée.


Que ce soit positivement ou négativement.


Les questions de guérisons miraculeuses ou mystiques

J’avais le goût de vous parler aujourd’hui de ce que la joie ne dit pas. Après vous avoir parlé la semaine dernière sur Substack de ce que le suicide ne dit pas, explorons maintenant tout ce qu’il y a derrière la joie.


J’ai écrit à de nombreuses reprises des textes sur le fait que la joie, le bonheur et le positivisme en général, dérangent. Ce qui peut être compréhensible. Dans un monde où le drame est partout, les bulletins de nouvelles nous parlent de ce qui va mal, les réseaux sociaux débattent de tout et les relations humaines se passent maintenant plus à travers les écrans que dans le vivant, la mise en scène est déjà là et le scénario tout tracé à l’avance.


Tout est là sur la table pour faire en sorte que la joie soit quelque chose de suspect.


Si nous regardons le portrait global de nos société à travers le prisme des écrans, il est effectivement très facile de croire que la joie n’est qu’une mise en scène de plus, dans un monde où les gens se donnent en spectacle au moyen des technologies numériques.


Les revers de la joie

S’il est vrai que la joie s’est un jour révélée ici de façon surprenante, qui peut paraître pour certains un peu mystique ou miraculeuse, l’entrevue explique pourtant très bien que cet état exacerbé de joie du départ, n’est pas demeuré.


Parce que cette joie était recouverte de beaucoup de mémoires douloureuses, d’événements traumatiques ainsi que de bien d’autres choses qui ne pouvaient pas toutes être racontées en 1 heure d’entrevue. Quand la joie s’est dissipée, il m’a fallu, pendant presque 3 ans, non seulement revisiter mais ressentir tout ça à nouveau.


Tout ce passé que j’avais pelleté devant.


L’intensité était telle que c’est presque devenu un boulot à temps plein. J’ai dû tout arrêter. Le boulot bien sûr mais aussi pas mal toutes les activités que j’aimais à pratiquer à l’époque.


Ma diète s’est transformée, j’ai cessé la consommation d’alcool et suis passée au végétarisme. Non par choix et conviction, mais parce que je n’était plus capable de tolérer aucune substance intoxicante et que je me suis mise à ne plus digérer les protéines animales. Sans parler du sevrage de la médoc, qui est venu lui aussi avec sa part d’inconforts.


En moins d’un an, toute la vie que je menais alors s’est effondrée. Un vide dans mes relations sociales s’est fait à un rythme que je n’ai pas du tout vu venir lui non plus.


Plus rien ne tenait et je voyais ma vie partir en lambeaux. Encore aujourd’hui, je ne sais pas comment le couple a pu résister à cet effondrement. Il est encore là, mais lui aussi, il n’y est plus comme avant. Encore en adaptation de transformations profondes qui ont bouleversé toutes les dynamiques qui s’étaient installées jusque là. Oui, il y a avait de profonds déséquilibres ainsi que bien des non-dits et au final, tout cela devait changer. Mais ça ne veut pas dire que ce changement a été facile pour autant.


En fait, tout ça a été extrêmement difficile et n’eut été de cette joie que je savais être encore là même après qu’elle se soit dissipée, je ne sais pas si la tempête n’aurait pas emporté le peu de ce qui restait de ma vie d’avant.


Je me suis accrochée à cette joie parce que je me suis reconnue en celle-ci. Je savais qu’elle reviendrait, je ne savais juste pas quand.


Je l’ai attendue pendant un bon moment, jusqu’à ce que je finisse par lâcher prise sur elle aussi, comme j’ai eu à lâcher prise sur tout le reste.


En bout de ligne, je ne saurais dire quand exactement elle est revenue. Je crois plutôt qu’elle a repris ses droits, lentement mais sûrement, au fur et à mesure que la souffrance s’est atténuée.


Comprenez-moi bien, je ne fais pas l’énumération de tout ceci dans le but de me plaindre ou d’attirer un capital de sympathie. Pas du tout. Y a tout plein de gens qui se bidonneraient solide de cette énumération de petits malheurs. Bien que j’ai compris au cours des dernières années qu’il est inutile de se comparer dans la vie, j’ai vu suffisamment de choses horribles dans ma vie d’ancienne avocate pour être en mesure de relativiser ma situation lorsqu’il est question de difficultés ou de malheurs.


Ce que j’essaie de faire voir ici avec le présent texte, c’est que ce que j’ai vécu n’a rien de miraculeux.


Je ne suis pas une paraplégique qui s’est levée du jour au lendemain de son grabat pour partir avec celui-ci sous le bras. En outre, je demeure avec une conscience bien aiguë de posséder une sensibilité plus grande que la moyenne. Qui rend la vie en société difficile pour moi parfois. Je ressens les choses d’une manière qui peut parfois être très exaltante ou extatique il est vrai. Mais cela peut devenir également plutôt difficile dans certains autres contextes. J’ai donc dû m’adapter à ça également et réajuster tout un tas de choses.


Beaucoup de choix se sont faits d’eux-mêmes au cours des 10 dernières années. Parce qu’ils procédaient d’évidences qui se sont imposées parfois rapidement, parfois plus lentement. Je voyais bien que malgré la difficulté qu’il y avait parfois à les faire, c’étaient ceux qui devaient être faits pour mon propre bien-être. Pour me sentir non seulement plus en santé ou énergique, mais surtout pour me sentir plus en alignement avec ce que je suis profondément.


J’ai eu à reprendre possession de mon territoire intérieur, à l’explorer et à cesser de repousser un rendez-vous avec moi-même qu’il était devenu urgent de faire.


Le jeu pernicieux des perceptions

Certes, la vie a initié quelque chose, sans que je ne l’ai demandé ou sollicité. Mais tout ce qui en a suivi a nécessité plus qu’une simple collaboration de ma part. Cela a demandé une abdication totale lorsqu’est venu le temps de me mettre à l’écoute de mon vécu intime.


Aussi, si aujourd’hui je peux comprendre le scepticisme des gens, il y a une chose ici, une limite qui est très claire pour moi et que je ne laisserai plus personne transgresser:


C’est celle de prétendre savoir mieux que je ne le sais moi-même, ce que je vis, ce que je ressens ou ce que je suis.


Cela dit, si j’écris ce texte ce matin, ce n’est pas pour donner un avertissement quant à cette limite à ne pas franchir avec moi, non. C’est pour vous inviter, dans votre propre vie, à bien observer ce comportement fort répandu en société, qui consiste à faire cela. Continuellement. Nous parlons des uns et des autres constamment et la question ici n’est pas de mettre fin à ça. Ce serait vain et inutile.


Non, c’est d’être attentif à toutes ces fois où vous vous faites dire, ici ou ailleurs, que vous êtes comme ci ou comme ça.


Sans que l’on cherche à valider si cette perception est vraie ou non.


Encore là, la question n’est pas de partir en guerre contre ça. Je suis de ceux et celles qui croient que rendu à un certain point de sa vie, il faut savoir choisir ses combats. Si vous êtes face à quelqu’un de fermé/e, obstiné/e, qui n’écoute pas du tout ou ne sait pas respecter les limites que vous énoncez clairement, personnellement, je crois qu’il est quand même important de faire preuve dans un premier temps de bonne volonté. De faire des effort relationnels et de s’engager un minimum. Chose que les gens ont de plus en plus tendance à ne plus trop vouloir faire.


Sauf qu’il faut quand même ne pas s’éterniser lorsque nous voyons que cela ne sert à rien. Tenter de rectifier le tir quant aux perceptions que les gens ont de vous au-delà de ce qui est nécessaire, c’est très épuisant à la longue. Le nécessaire étant souvent lorsque les choses versent du côté obscure de la force. Lorsque ça tire, que c’est épuisant ou que vous sentez que vous rencontrez toujours un mur.


L’invitation qui vous est faite est de demeurer à l’affût de ceux/celles dans votre vie qui ont cette tendance à croire qu’ils vous connaissent mieux que vous-même.


Pour voir l’effet que cela a sur vous. Parce que cela a quelque chose d’extrêmement intéressant. Cela vous permet de voir jusqu’à quel point vous vous connaissez. Du moins suffisamment pour voir que la personne a le doigt enfoncé dans l’oeil jusqu’au coude. Ou pire, que c’est de lui ou d’elle que ces gens sont en train de parler et non de vous. Ce qui arrive beaucoup plus souvent que l’on pense. En outre, cet exercice est intéressant aussi à un autre niveau. Il vous permet de mesurer. Mesurer la distance entre la perception que l’on a de vous et la réalité.


Plus la distance est grande, plus l’écart ou le fossé dans la relation sera difficile à combler.


Ce qui s’est le plus transformé dans ma vie des 10 dernières années, ce sont les relations.


Mes perceptions par rapport à celles-ci bien sûr. Mais aussi ma façon d’entrer en relation. Les choix que j’ai fait et que je continue de faire par rapport à celles-ci.


Force est d’admettre que de ce côté, ma vie n’était pas du tout alignée. Je laissais entrer dans ma vie n’importe qui, n’importe comment. Je me laissais souvent dire n’importe quoi aussi, sans me permettre de faire de même de mon côté. Parce que j’avais bien trop peur d’être rejetée. Ce qui n’empêchait pas à la chose d’arriver.


J’ai aussi remarqué, rendu à un certain point, que ce que j’avais à dire, la plupart du temps on s’en calissait. C’est bête à dire de cette façon là, je sais. Mais c’est un constat que j’ai fait et que plusieurs font je crois depuis quelques années.


C’est encore une fois peut-être difficile à lire ou entendre, mais la plupart des gens n’ont rien à foutre de ce que vous pensez, ce que vous vivez ou ressentez. En société j’entends. Les gens sont là, dans les environnements sociaux tels que le travail, les loisirs et même parfois la famille, pour parler d’eux.


Nous faisons tous cela, à différents degrés et jusqu’à un certain point, ça aussi c’est normal.


Je ne prétends pas faire exception à la règle.


L’invitation qui vous est faite, encore une fois, ce n’est pas de partir en guerre contre ça. Seulement de mesurer le degré d’écoute.


Parce que c’est ça qui vous permettra de déterminer le degré d’écoute que vous avez par rapport à vous-même, dans un premier temps. Ainsi que le besoin d’écoute dont vous avez besoin dans vos relations, dans un second temps. Nous avons tous besoin d’un minimum d’écoute. Certains en ont de besoin de plus que d’autres, alors il leur faut peut-être plus de relations. Bref, le point n’est pas vraiment là. C’est plutôt de dire, tout simplement, que lorsque nous devenons conscient de ce dont nous avons besoin, nous pouvons nous réajuster en conséquences et respecter nos besoins relationnels.


Ce qui fait que le fait de prendre de la distance de certaines relations ne devient pas quelque chose qui soit personnel ou contre la personne. Mais au contraire, quelque chose qui se fait pour notre bien-être personnel. Il est possible que les choses ne soient pas perçues ainsi et s’il est possible d’avoir ce genre de conversation avant de prendre de la distance de la relation ou y mettre fin, c’est tant mieux. Mais si vous sentez en votre fort intérieur que cela ne sera pas compris et/ou accueilli, parfois il vaut mieux de simplement vous retirer ou quitter sans explications.


C’est choisir le conflit ou choisir de laisser la personne avec ses propre conflits intérieurs.


Avec le recul, je crois que c’est d’ailleurs ce qui m’a amené sur les réseaux sociaux au départ. Bien avant l’éveil de Kundalini et tout ce qui en a suivi. Parce que j’ai commencé à blogger bien avant les évènements qui ont été relatés dans l’entrevue.


J’étouffais dans ma propre vie de ne jamais pouvoir véritablement exprimer ma sensibilité et ma façon d’habiter le monde.


Ma sensibilité et ma façon d’habiter le monde ne sont pas les mêmes que les vôtres et les vôtres sont aussi différentes de celles de votre prochain. Nous sommes tous unique et différent. C’est pourquoi il faut un jour arrêter de se comparer et vivre notre vie comme nous l’entendons.


Ce qui s’exprime ici, sur Substack ou ailleurs n’est pas une vérité universelle applicable à chacun/e.


Ce sont des p’tits bouts de vie, des éclairs de compréhension passagers, des craques de lumières qui traversent le rideau de temps en temps.


Le problème, lorsqu’il y a problème, c’est quand les gens se prennent au jeu de croire que je dis aux gens quoi faire ou penser, que j’écris ou parle de certitudes ou que je me déguise en Guru d’opérette.


Je n’ai jamais fait ça et j’espère ne jamais glisser sur cette pente. Parce que c’est une pente qu’on finit par débouler plus que descendre.


Je partage, c’est tout. Comme bien d’autres le font aussi.


J’accompagne et facilite également parfois oui, c’est vrai. Mais je ne dirige pas et ne guide pas non plus. Je ne fais que pointer la direction dans laquelle j’ai moi-même marché. Elle peut vous convenir, mais peut-être pas non plus. Sauf que si vous ne vous donnez pas la chance de l’essayer, vous ne le saurez pas.


Je n’ai aucun contrôle sur la façon dont les gens perçoivent tout ceci et je n’ai pas envie non plus de passer tout mon temps à rectifier le tir ou me justifier. Le faire une fois de temps en temps et ramener un peu d’ordre dans tout ça, c’est normal. Je sais pertinemment qu’à partir du moment où on prend la plume, la caméra ou le micro, ça vient un peu avec.


J’ai eu à le faire après la sortie du livre et je me doutais bien que ce serait la même chose avec l’entrevue. Mais d’une façon générale, la vie est bien trop courte pour passer tout son temps à s’expliquer.


C’est pourquoi, de plus en plus sur les réseaux sociaux, je bloque et supprime sans autres formalités ceux/celles qui ne sont pas dans la bienveillance. Ceux/celles qui ne sont pas en mesure de respecter le fait que je n’ai aucune envie de débattre. Ainsi que ceux/celles qui veulent me parachuter des statistiques, des études, des bouquins ou des références qui tendraient à démontrer le contraire de ce que je suis en train d’écrire ou de dire.


Je ne suis pas une statistique qu’on peut enfermer dans un fichier Excel. Je suis un humain dont le vécu bouge tout le temps.


Les cases et petites boites

J’ai participé l’an dernier à une étude sur les états de conscience altéré. J’y ai partagé mon expérience, me suis laissée analysée sous tous les angles et coutures. J’ai aussi été une sorte de cobaye de la psychiatrie pendant plus de 10 ans. Les molécules je les aies presque toutes essayées, me suis soumise avec toute la bonne volonté du monde aux traitements que l’on m’a proposé.


J’ai beaucoup donné comme objet d’étude.


Aussi, les études, les diagnostiques et autres cases dans lesquelles on aime à mettre les humains aujourd’hui, NE M’INTÉRESSENT PLUS.


Les cases spirituelles non plus.


Je ne crois pas qu’on ait besoin de porter une soutane, une robe orange ou brune, pour être spirituel. Pas plus qu’il faille faire du yoga, des rituels chamaniques, se coiffer de rastas ou s’habiller selon le modèle Woodstock. Si vous croyez que vous devez avoir l’air d’une tapisserie pour convaincre les gens, votre spiritualité est peut-être un peu superficielle.


Mais bon, j’dis ça mais j’dis rien


Il n’y a personne à convaincre lorsque vient le temps de discuter de Réalisation du Soi. Pas de reconnaissance à chercher auprès de pairs qui l’auraient réalisé non plus. Ça c’est du gros nombrilisme spirituel, une élite intellectuelle qui se gratte le nombril tous ensemble. Oui, je suis dans le jugement et je l’assume.


Vous n’avez pas à en passer par l’écriture d’un bouquin, qui devrait avoir été publié par une maison d’édition dans le domaine. Pas besoin non plus d’avoir écrit dans des revues, des blogues ou autres plateformes qui traitent de ces sujets là.


Tout comme il n’est pas essentiel de donner des entrevues ou d’être passé sur des podcasts ou fait des conférences.


Le bouquin, je l’ai écrit pour moi-même d’abord et avant tout. Et je me suis rendue jusqu’au processus d’auto-édition parce que tous les éditeurs du domaines m’ont refusé et que j’en avais marre de vivre une vie où les autres décident à ma place de la manière dont j’ai envie de m’exprimer. Le format, les mots ou le style que je désire choisir quant à cette expression. J’ai même créé une maison d’édition parce que je voulais retrouver le contrôle sur ma créativité. Par pour être dans le contrôle, mais au contraire, afin que celle-ci puisse s’exprimer de la manière dont elle avait besoin de le faire.


Ce que je voulais, c’était d’écrire le livre que j’aurais aimé avoir entre les mains lorsque j’ai vécu mon éveil de Kundalini. En me disant qu’il pourrait peut-être être utile à d’autres personnes. Pas de devoir parler de non-dualité, de médiumnité, de canalisations, d’anges ou d’êtres galactiques. Qui ne sont pas représentatives de la façon dont les choses se sont passées pour moi.


Pour l’entrevue, c’est la même chose.


Je l’ai donnée pour deux raisons: Tout d’abord parce que pour moi, elle se veut un message d’espoir pour tous ceux et celles qui traversent des périodes difficiles.


Ces périodes ne sont pas vides de sens, au contraire. En elles dort le germe de quelque chose de beaucoup plus vrai et beaucoup plus grand que ce qu’ils perçoivent de leurs souffrances actuelles.


Finalement, je l’ai donnée pour faire la promotion de mon livre. Livre que j’ai moi-même financé. Je dois donc, par conséquent, en assurer la visibilité et en faire moi-même la promotion.


Donc, si vous y voyez autre chose que cela de mes activités sur les réseaux sociaux, c’est votre perception et elle est ok. Je n’ai pas à vous convaincre d’en changer. Ce n’est pas mon but. Mon but est seulement de vous dire d’éviter de croire que votre perception est forcément le reflet de la réalité.


Le deuxième point qu’il est important pour moi de préciser, c’est que je n’ai rien contre les cases spirituelles. Je sais en outre qu’il est inévitable qu’on me place dans une ou plusieurs d’entre elles.


C’est ainsi que le mental fonctionne. En faisant des choses, des situations et même des gens, des objets que l’on range dans des petites boites dans notre tête.


Ce que je tente simplement de véhiculer ici est quelque chose de fondamental, que beaucoup de gens perdent de vue en cours de route:


Il ne faut pas mélanger la spiritualité, en tant que processus de cheminement et/ou vécu intérieur avec l’industrie qu’elle est devenue.

Conclusion

Il y a une analogie qui est souvent faite en spiritualité au sujet de l’esprit. C’est celle de l’oignon. L’esprit est, au départ, comme un oignon qu’on épluche, couche par couche, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’autre que le coeur. Parce que la Nature de l’esprit est faite de Silence, de vide et de vacuité. Tant que cela n’est pas rencontré, toute la sève de la vie ne peut pas monter pour venir vitaliser autrement toutes les autres dimensions de notre Être.


On peut éplucher un oignon tout doucement, de façon lente et précautionneuse. Mais on peut aussi y aller à la dure, en arrachant les couches qui sont le plus à vif ou endommagées en premier et sans ménagement. Dans mon cas, ça été la deuxième option qui a prévalue.


Probablement parce que c’était déjà dans ma nature de ne pas faire les choses à moitié…


Je ne sais pas. 🤷🏻‍♀️


Cela dit, aujourd’hui, je ne regrette pas du tout la façon dont dont les choses se sont passées. Parce que comme disait Albert Camus:


« Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été ».

Je ne savais pas que tout à l’intérieur sommeillait cette force, cette résilience et ce courage. Au contraire, le début du processus m’avait plutôt fait voir à quel point j’étais remplie de peurs. Souvent figée par celles-ci même.


Mais nonobstant cet aspect, lorsque l’on statue que l’entrevue que j’ai donnée fait référence à une guérison mystique ou miraculeuse, je ne peux pas cautionner ce discours. Je n’ai pas envie non plus d’avoir à m’expliquer ou me justifier sous chacune des remarques reçues. Que ce soit sous un texte ou une vidéo.


Que l’on remette mes propos en doute ou que l’on soit sceptique, ne me pose pas vraiment de problème. Du scepticisme, j’en rencontre régulièrement depuis 10 ans. Ce n’est donc pas une poignée d’inconnus de plus ou de moins qui vont faire une grande différence…


Non, ce qui fait que j’ai supprimé le commentaire sur ma chaîne, c’est en raison de tout ce que sous-entend et véhicule ce genre de propos.


Ceux-là même qui font que la dame qui l’a fait était sceptique et ne voyait chez les gens comme moi, qu’un ramassis d’individus qui se racontent toutes sortes de salades spirituelles. D’une certaine façon, cette dame n’a pas tort. Il existe encore beaucoup de gens qui croient qu’une expérience spirituelle profonde, que d’autres appellent du mysticisme ou une illumination, suffit à elle seule à tout transformer.


Nénon les zamis, ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent.


Si cette dame avait écouté l’entrevue jusqu’à la fin, elle aurait bien vu que ce n’est pas du tout ce qui y a été partagé dans son ensemble. Mais elle n’a écouté que quelques bribes en accéléré, comme le font la majorité des gens sur les réseaux. Elle n’a probablement pas vu la fin, ce moment où je précise que le chemin spirituel ne peut vraiment commencer que lorsque nous cessons de nous fuir.


Que nous acceptons de nous rencontrer, ce qui implique d’accepter de ressentir.


Tout ressentir. Sans aucun compromis, sans chipoter ou tergiverser quant à ce qui fait notre affaire ou pas.


😊 😊 😊


Ce que la joie ne dit pas, c’est à quel point il faut la choisir à chaque jour de notre vie.


Jusqu’à ce qu’elle se choisisse d’elle-même.


Elle ne dit pas à quel point les racines de notre négativité sont enfouies profondément et ne redemanderaient qu’à repousser si nous leur en laissions la chance.


Qu’on ne peut piétiner celles-ci ou les brûler aux pesticides.


Qu’on doit les examiner bien attentivement, à chaque fois qu’elles veulent se frayer un chemin dans le Silence intérieur. Qu’on doit accepter de cueillir leurs fleurs lorsqu’elles poussent.


Ces précieuses émotions qui fleurissent pour nous rappeler à quel point l’humain est attaché à la souffrance.


Parce que la souffrance, tout comme la joie, l’amour et autres émotions élévatrices, nous font sentir vivant et que nous avons besoin de ça.


Ce qui fait que rendu à un certain point de notre vie, nous nous accoutumons à nous sentir vivant à travers les émotions négatives. Jusqu’à en oublier parfois que nous avons droit à la joie et au bonheur aussi.


La joie, il faut la choisir parce qu’elle est là. Tout le temps. Même quand nous sommes tristes ou en colère, une partie de nous est joyeuse de ressentir tout ça.


Il ne faut donc pas craindre les émotions négatives, parce qu’elles viennent de la même source que la joie et qu’elles sont soutenues par celle-ci.


Ce dont il faut se méfier, c’est du bavardage de notre mental.


C’est lui qui voudrait nous faire choisir autre chose que la joie.


C’est lui qui nous susurre que nous n’avons pas droit au bonheur.


Lui encore qui intrique nos émotions avec celles des autres afin d’induire culpabilité, honte, scepticisme, jalousie et envie.


C’est aussi lui qui aimerait à croire qu’un coup de baguette magique divine suffirait à faire de nous le prochain dalaï-lama.


Tout comme il tente de nous convaincre très fort, qu’il n’est pas bon de trop ressentir les inconforts de la vie. Qu’il est préférable de demeurer dans le connu, plutôt que de s’ouvrir à l’inconnu. À tout ce que la vie a à nous offrir.


Parce que la vie n’offre aucune garantie et que nous, nous en cherchons continuellement, partout, tout le temps.


À travers la validation, la reconnaissance, le regard des autres, ce qu’ils pensent ou disent à notre sujet, ce qu’ils pensent et disent à propos de tout.


Non, y a pas de miracle.


Il y a la vie.


Mais quand on y regarde à deux fois plutôt qu’une, avec les yeux du cœur


La vie c’est un miracle qui se renouvelle à chaque instant.


Pour qui a déjà assisté à la naissance d’un enfant, vous savez exactement de quoi je parle.


Or, nous oublions trop vite que nous sommes déjà nés.


Que nous avons été ce miracle.


Nous le sommes encore.


Et ça, c’est déjà énorme.


 
 
 

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