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  • Photo du rédacteurAmrit

Faire fausse route



Si tu cherches l’Amour à travers l’émotionnel, la sentimentalité ou même une expérience transcendante ou une qualité vibratoire, tu fais fausse route.


J’ai déjà parlé de cela dans un vidéo sur ma chaîne:


Toute idée ou conceptualisation de l’Amour est une tentative de saisie qui s’apparente à cette savoureuse expression que j’entendais quand j’étais enfant, mais qui depuis s’est perdue: « C’est comme essayer d’attraper un pet au lasso… »


On ne cherche pas, pas plus qu’on ne saisit l’Amour.


C’est lui qui nous trouve et nous saisit.


L’Amour est un OUI complet et total à tout, tout, tout le phénoménal, le passager et l’éphémère de la Vie, sans attache ou répulsion à l’égard de celui-ci. Or, ce « oui » ne peut advenir tant que le mental et l’intellect sont actifs parce qu’il implique une absence totale de choix, de préférences, de jugement, d’analyse et autre mécanismes du genre qui sont encore à l’œuvre lorsque l’idée et/ou la croyance en un « moi auteur » est encore présente.

L’Amour est un état d’abandon, de confiance et d’ouverture.


Un état.


Pas une émotion, un sentiment, une expérience, une vibration.


Quand je faisais du yoga, les adeptes et maîtres de cette philosophie disaient qu’on peut bien faire une sadhana et progresser lorsqu’il s’agit d’activer les 6 premiers chakras, mais qu’il est impossible d’accéder au 7ème. C’est la Grâce, en quelque sorte, la volonté de l’Ishvara lui-même de s’établir de façon stable et permanente en l’être en d’en prendre le contrôle dans ses aspects profonds et vitaux.


Dans ses aspects comportementaux.


Je n’ai jamais vraiment adhéré au système des chakras parce que ça ne collait pas trop à ce qui se vivait intérieurement dans le ressenti. Ce qui était curieux pour quelqu’un qui vivait un éveil de Kundalini, je sais. Mais la pratique, lorsqu’elle était douce et lente me faisait un bien fou et calmait le jeu. Alors je continuais et écoutais sagement les enseignements.


Un jour, j’ai délaissé la pratique. Ça s’est fait tout seul, je me suis vue me lever et quitter en plein milieu d’une retraite, sans un regard en arrière et sans comprendre non plus vraiment ce qui était à se passer… Ça s’est fait comme ça, c’était plus fort que « moi », je devais quitter immédiatement. Ça s’est fait, non sans quelques émotions, mais ça s’est fait.


Puis, un matin, peut-être un an plus tard, je ne sais pas trop parce que le temps est quelque chose qui ne veut plus dire grand chose ici, ce qui était décrit par les yogis était là.


Ce n’était pas une compréhension ou une révélation soudaine.


Simplement une évidence.


Et avec elle, une verticalité immuable, une stabilité émotionnelle ainsi qu’un silence mental complet.


Une clarté complète ainsi qu’une lumière foudroyante étaient là.


Une Grâce permanente.


Qui se vit dans la plus complète spontanéité et une très grande simplicité.


Dont il y a de moins en moins d’élans à vouloir passer tout mon temps à disserter ou expliquer de long en large.


Il n’y a rien à dire de l’Un, mais beaucoup à dire de ce qui le masque et le voile.


Alors on parle du mental et de l’intellect. Toujours on revient à ceux-ci, parlant trop peu de cet émotionnel et de ces désirs situés plus profondément que nous ne voulons pas aller rencontrer dans cette intimité d’où pourtant tout procède.


Patanjali a écrit un long traité sur tout ça et en bout de ligne, qu’est-ce qu’on peut en conclure?


C’est qu’on vient à bout du mental avec le mental.


Pourquoi?


Parce que le mental est un truc qui s’épuise et va au bout de sa course de lui-même à force de vouloir en investiguer sa nature illusoire, ou bien il se résorbe en lui-même lorsqu’on s’en remet au Seigneur intérieur et qu’on lui abdique tous nos désirs.


Alors on se reconnaît en Cela et Cela prend en charge tout le vivant.

Après?


La Vie continue. Et c’est tout.


Si tu cherches la connaissance et la compréhension, ne vient pas sur cette page, ce site, ce compte. N’achète pas mon livre.


Ici ce fût ce restera un chemin de dévotion.


Un abandon total et complet du Je Suis à Cela.


Parce que Je Suis Cela et que Cela c’est tout simplement la Vie dans tous ses modes d’expression.


Un jour on « débande » du non-manifesté, parce qu’il est vu que tout se joue et se passe dans le manifesté. Que c’est comme cela que c’est voulu et que ça veut s’exprimer. Encore là, y a pas « quelqu’un » qui en revient, ça se fait et se joue tout seul. Sans effort et sans rien forcer.


Ici, il y a de moins en moins de « l’éveil c’est comme ci et l’éveil c’est pas comme ça ».


Il y a l’évidence que la Vie trouve toujours son chemin et que « je » ne sais rien.


Le désir de comprendre et de connaître, c’est un désir.


La connaissance ne nous appartient pas plus que tout le reste. Se l’approprier et s’en revêtir est une grande source de sécurité. Enfin, ce le fut ici pendant plusieurs années.


La Vie se vit sans filet.


Parce que nous sommes déjà porté et soutenu mais que nous ne le voyons tout simplement pas.


On ne choisit pas l’Amour.


C’est l’Amour qui choisit de s’exprimer à travers notre humanité. En transformant graduellement mais aussi profondément notre vision et nos comportements.


Le choix que nous avons et que nous aurons toujours par contre, c’est de tourner notre regard et de s’en remettre à Cela.


De faire confiance à Cela.


Ici et maintenant ce qui demeure c’est cet élan et ce mouvement qui me porte vers cet autre qui a cette soif de s’ouvrir à Cela et de s’abandonner à la Vie. Cette Présence chaleureuse qui veut couvrir d’Amour tout autant qu’arracher, parfois tendrement mais parfois crûment aussi, les oripeaux qui voilent et masquent à ta vue cette évidence et cette Grâce toujours là en toi.


Toujours là en chacun de nous.


Donc, il n’y a pas à s’inquiéter. Parce que la Vie trouve toujours son chemin et que même lorsque nous faisons fausse route, c’est d’une certaine façon, encore et toujours le bon chemin.


Photo en-tête: Bruxelles, Belgique, le 16 mai 2024.

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