L'espace de gratitude
- dianegagneamrit
- 8 janv.
- 21 min de lecture
Le début de l’année est un moment propice aux prévisions et à l’établissement d’intentions. C’est souvent ce que l’on voit circuler un peu partout. Après les éternels vœux de santé, de bonheur et de prospérité, viennent rapidement l’aspect prédictionel ainsi que ce que chacun/e devrait ou ne devrait pas nourrir comme intentions. C’est fortement inspiré de l’astrologie tout ça. Ensuite, bien sûr, les choses ont débordé dans la voyance et la médiumnité et, plus tard, dans le développement personnel ainsi que toutes ces autres croyances qui vous dites que vous êtes créateurs de votre réalité.
Tant de choses se disent et se véhiculent sur ce que serait la réalité de notre monde…
La réalité, c’est que le fondement de tout ce que nous expérimentons repose sur l’énergie. Donc, la véritable question qu’il faut se poser, d’abord et avant tout, c’est à quoi (ou à qui) consacrez-vous celle-ci?
Et comme l’énergie est intimement liée à l’attention, la deuxième question qui vient ensuite, qui n’est qu’une variante de la première, c’est vers quoi (ou qui) tournez-vous votre attention?
Parce que là où va votre attention, va votre énergie.
Mais comme nous utilisons le langage pour communiquer les uns avec les autres, c'est normal aussi que nous sentions le besoin d'expliquer les choses, que ce soit au moyen de systèmes de croyances, de concepts et de connaissances. C'est normal, tout le monde le fait, moi la première. Et c'est ce que je ferai, d'une certaine façon, dans le présent texte.
Je vous expliquerai ce qui fait qu'un jour, on arrête de vouloir prédire, émettre des intentions et d'une façon générale expliquer. 😅 Subsidiairement, en fin de texte, je vous parlerai de gratitude. Parce que les deux sont reliés.
Expliquer ou s'expliquer (ce qui revient au même) est un processus qui peut un jour toucher sa fin, ou à tout le moins, diminuer considérablement. Parce que l'explication est reliée à la causalité. Donc, plus la causalité disparaît de notre système, j'entends ici notre système interne, moins il y a de choses à expliquer. Paradoxalement, cet état de fait ne survient pas avec la rencontre du vide et de la vacuité. Parce que la vacuité cérébrale n'est que le début, une sorte de point de départ qui donne l'impression de ne plus penser. Mais ce n'est pas le cas. La vacuité installe une distance d'avec le phénomène de la pensée, qui demeure pourtant bien vivante à la périphérie. Donc oui, les ruminations diminuent considérablement, voire disparaissent. Notre petit gérant d'estrade intérieur se la ferme ou l'on cesse de l'écouter. Mais les phénomènes en amont ne disparaissent pas pour autant et la preuve de cela se situe bien souvent dans ces comportements qui eux ne changent pas encore véritablement. Parce que ce qui demeure à la périphérie continue de se manifester à travers ceux-ci.
La vacuité cérébrale est même quelque chose de fourbe jusqu'à un certain point. Parce qu'elle confère un sentiment de légèreté immense qui ouvre la porte à une expression nouvelle. L'identification au mental agit comme une sorte de régulateur et de modulateur de nos comportements sociaux. Le gérant d'estrade a un rôle, un rôle de contrôle. Qui régit vos comportements sociaux lorsque vous êtes avec d'autres personnes. C'est lui qui gère ce que vous décidez de dire à voix haute ou non. Il incite en outre à contrôler vos réactions, jusqu'à un certain point et il est très efficace lorsque vient le temps de ravaler et refouler l'émotion.
Sa disparition agit donc comme une sorte de traumatisme crânien. Les traumatisés crâniens perdent souvent ce que nous appelons les filtres sociaux, c'est une caractéristique assez commune à ces gens que de dire à peu près tout ce qui leur passe par la tête. On voit cela aussi parfois chez des gens qui ont été dans le coma pendant de longues périodes ainsi que dans d'autres troubles cognitifs comme le DFT (dégénérescence fronto-temporale). Et bien, la vacuité cérébrale produit un effet similaire chez plusieurs personnes. Elle diminue considérablement les inhibitions au niveau de la parole, mais tout comme chez les gens atteints de TCC (traumatisme craniocérébral), cela ne modifie pas la personnalité fondamentale mais seulement certains comportements apparents au niveau de l'expression.
La vacuité créée une sorte d'effet dissociatif, j'ai déjà abordé ce thème à plusieurs reprises, je ne reviendrai donc pas là-dessus. C'est cet effet qui créer la perte d'inhibitions au niveau de l'expression. Ce n'est donc pas, du moins au départ, un avancement en soi. Au contraire. Mais c'est perçu comme tel par l'individu dont le système nerveux est en mode d'hypervigilance depuis plusieurs années. On fait grand état dans les milieux spirituels de cette période de recul dans le poste de l'observateur qui serait, selon ce que plusieurs disent, une étape normale qui survient avec l'éveil et qu'il faut rencontrer dans le cadre du processus qui vient avec.
Tout d'abord cette affirmation est fausse. Parce que la capacité de prendre du recul et de s'observer est présente chez tout être humain, qu'elle n'a rien d'exceptionnelle et qu'elle ne se révèle pas qu'avec l'éveil ou les pratiques méditatives. Ensuite, ce que les gens ne disent pas, c'est ce qu'elle permet de révéler lorsqu'un individu s'y retrouve pour plusieurs jours, mois et même parfois années. Elle révèle le fonctionnement interne de votre système nerveux. Ou devrais-je dire un dysfonctionnement de celui-ci présent chez vraiment beaucoup de gens, mais dont la plupart ne sont pas conscients. De se retrouver planquer dans le poste de l'observateur pendant une longue période vous fait voir le mode de survie à partir duquel vous fonctionnez.
Ce n'est donc pas la grande révélation que tous les nouveaux éveillés 2.0 aiment à revendiquer comme étant la Réalisation du Soi. Mais au contraire, la symptomatologie révélée d'un mode de fonctionnement déficient qui a besoin d'être examiné.
J'encourage l'individu qui traverse cette phase à ne pas se réjouir et commencer à propager la bonne nouvelle d'une nouvelle Conscience en émergence sur cette planète trop vite. Si cette période l'invite à prendre un pas de recul majeur dans sa vie, c'est surtout pour lui permettre d'examiner pourquoi il fonctionne comme il fonctionne. Et s'il vient aussi naturellement avec une bascule intérieure ou un changement de perspective qui emporte une sorte d'examen ou d'investigation intérieure, ce n'est pas tant pour réaliser qu'il n'y a personne, que pour examiner attentivement ce qui a construit cette idée d'être une personne. Parce que la personne ne disparaît pas et ne meurt pas avec une expérience spirituelle, aussi transcendante celle-ci puisse-t-elle être…
Elle cesse simplement de croire qu'elle est séparée du reste de son expérience.
C'est donc précisément la personne qui doit faire l'objet de l'investigation et non pas la conscience. La conscience ne s'appréhende pas, du moins pas au début. Les gens l'associent à la vacuité, ou à ce que d'autres appellent le grand ouvert, mais c'est une méprise et un leurre là aussi. Parce que la vacuité est une manifestations énergétique et rien d'autre. Que les gens qui ne sont pas encore en relation avec leur énergie perçoivent comme autre chose que ce que c'est. Il faut savoir profiter de l'ouverture énergétique qui se créer, non pas pour la récupérer comme une réalisation spirituelle, mais au contraire pour investiguer ce qui supporte cette ouverture soudaine: L'énergie.
Si la vacuité vous ramène dans une impression d'arrière plan, c'est que c'est là qu'est figée votre énergie: Dans votre système nerveux dorsal, en mode de survie.
Ce n'est pas parce que vous êtes « ze conscience ».
Plus j'intègre l'énergie et que celle-ci se redéploie, plus je réalise que ce que les gens appellent « éveil » n'est qu'une profonde reconfiguration de tout le cortex cérébral ainsi que le système nerveux. Parce que ce sont eux qui créent et modulent le sens du « soi » ou du « moi », ainsi que sa disparition ou sa fluctuation. Le fameux « Je ». Ce que tend à démontrer la science également. L'étude des états altérés de conscience, des EMI, de l'influence des psychotropes sur l'activité neuro-électrique ainsi que toutes les autres recherches au sujet des expériences paradoxales de l'humain qui influencent son état de conscience supportent entièrement l'observation que je fais depuis maintenant plus de 10 ans de mon propre système.
Ce qui fait que plus le temps passe et plus je vois toutes les histoires spirituelles qui se racontent autour de l'éveil comme une belle grosse histoire de plus et rien d'autre.
La reconfiguration du système nerveux commence lorsque le sentiment de sécurité et la confiance s'installent. Sans eux, le SNA (système nerveux autonome) demeure dans le mode de vigilance propre au mode de survie et au système sympathique. Le nerf vague dorsal prédomine et les interactions avec sa contrepartie ventrale ne se font que trop rarement. L'individu alterne entre le fonctionnement du système sympatique (combat/fuite) et celui du vagal dorsal, sans accéder pleinement au système parasympathique. Le système parasympathique est lié au vagal ventral. Or, c'est le vagal ventral qui gère la sécurité, la connexion sociale, le calme et la créativité.
Le centre émotionnel et relationnel, c'est dans le ventre qu'il se situe.
Les émotions nous emportent vers l'action et lorsque nous parlons du mode de survie, nous parlons de 3 modes d'actions: Le combat, la fuite ou le figement. Cela ne se concrétise pas toujours par des combats, des fuites ou des figements réels. Vous ne partez pas toujours à courir pour fuir les situations ou les gens. La fuite peut avoir des variantes psychologiques également et il en est de même avec le combat et le figement. Parce que pensées et émotions sont reliées, les émotions nourrissent des pensées qui sont crues. Qui vous amèneront à vous protéger en attaquant l'autre par des paroles blessantes. À fuir des conversations en détournant le sujet épineux que vous ne souhaitez pas aborder. Ou à vous abrutir dans toutes sortes d'activités ou d'addictions qui vous « gèlent », qui vous figent, au sens figuré du terme. Pour vous garder dans l'inertie et vous éviter de faire ce qu'il vous faut faire pour changer les choses qui se doivent de l'être dans votre vie.
Si je vous explique tout cela c'est pour dresser la table en ce qui concerne les raisons pour lesquelles il arrive un jour où le mécanisme relié aux explications, du point de vue intellectuel, finit par arriver au bout de sa course. D'une part parce que le SNA se régule et que cette régulation pacifie tout votre être d'une manière qui créer un état intérieur qui devient lui aussi, impossible à expliquer. Ça c'est la première chose. La deuxième est paradoxalement reliée à une compréhension. Parce qu'on vient à bout du mental et de l'intellect en les sécurisant. Au propre comme au figuré. Tout ce qui relève de l'intellectualisation de nos comportements, que ce soit au moyen des anamnèses psychologiques et comportementales ou même des idéologies et philosophies à caractère spirituelles ou existentielles, ne peuvent plus tenir la route quand vous comprenez comment le système interne de l'humain fonctionne.
Plus vous devenez conscient que l'organisme est un amalgame d'énergies qui se combinent et se coordonnent pour échanger de l'information sous forme d'influx nerveux, plus vous comprenez qu'il n'y a rien de volontaire, d'intentionnel ou de personnel à tout ça. Mais nous sommes tellement attachés à l'idée de la personne, du personnage, que nous lui avons construit des traits de caractère et des dynamiques comportementales que nous aimons à croire comme étant les fondements de ce que nous sommes. Ou encore, lui conférer un caractère sacré et/ou spirituel qui procurent un sens de grandeur et d'immortalité à notre expérience.
Mais lorsque vous ne ressentez plus le besoin de chercher des explications ou de constamment en fournir, vous voyez bien que tout ça vient de votre organisme et non de votre « conscience », de votre âme ou de votre « soi ».
Une partie de cette résultante en passe par le système endocrinien parce que la régulation du SNA entraîne la régulation des hormones également. Celles-ci vous placent dans un état de bien-être impossible à décrire. L'autre partie, quant à elle, est reliée à l'intensité de l'énergie qui croît et grandit. Il y a donc l'aspect bio-mécanique ainsi que l'aspect souvent nommé en spiritualité comme « la Présence ». Qui n'est rien d'autre que l'intensification de la réalité énergétique.
C'est pourquoi j'évoque donc les processus intellectuels comme des processus qui vont au bout de leur course. Parce que toute cette mécanique est admirablement bien orchestrée et dépend d'une intelligence qui est bien plus grande que notre petite intelligence dite « personnelle ». En cela se situe l'aspect spirituel du processus. Celui de réaliser que nous sommes en relation avec quelque chose qui nous dépasse. C'est cette intelligence qui sait quand les processus doivent être actifs ou se maintenir et quand il est temps de lâcher prise sur ceux-ci et de passer à autre chose. Donc, tant que ces processus sont actifs, c'est qu'ils sont nécessaires. C'est parce que vous êtes appelés à collaborer de façon active et dynamique à la résolution d'enjeux qui sont encore reliés à l'idée de la séparation. Et c’est ok parce que jusqu’à la mort du corps physique, le personnage continue d’exister et de régler des enjeux relationnels. On peut les voir comme personnels, mais rappelez-vous qu’il faut être deux pour danser un tango et que vous vivez aussi dans un collectif composé de plus de 8 milliards d’humains.
Tout est relation dans la vie. Ainsi en est-il de la relation que nous entretenons avec notre système interne également. Ce que j'évoque ici à travers une explication essentiellement matérielle et bio-mécanique rejoint également les principes d'investigation supportés par l'Advaita (et non pas le neo-advaita). Qui invitent à une investigation profonde de la véritable nature de l'être et des phénomènes. Lorsque la phase hypnagogique est dépassée, que l'imaginaire ainsi que toutes les fabulations dont l'humain est capable dans ce domaine se dissolvent, on sort des explications à caractère symbolique ou des systèmes qui offrent des représentations imaginaires.
On revient au vivant mais on revient aussi à des choses qui possèdent un fondement et une validation réelle. Parce que le sens et la direction reviennent dans votre vie et que l'imaginaire n'étant plus détourné par l'ego, revient à sa fonction première: La créativité. En spiritualité cela vous ramènera forcément aux voies spirituelles dites de « haute intensité ». Qui possèdent des fondements véritables parce que véhiculées et transmises depuis plusieurs siècles, voir millénaires. Vous vous éloignerez de toute les théories et variantes modernes développées et enseignées au cours des 2 ou 3 derniers siècles. Parce que vous verrez qu’elles ne sont que le recyclage et la déformation de voies plus anciennes. Dans le vivant et la matière, cela aura aussi des répercussions et vous vous rapprocherez de la science. La science médicale principalement et non pas toutes les élucubrations à saveur quantique qui ont été détournées à des fins pseudo-spirituelles afin de faire cool et moderne.
Unir l'âme, l'esprit et la matière (le corps) est un acte conscient qui consiste à se mettre en phase avec l'énergie en vous.
L'énergie en vous est quelque chose de réel, de mesurable et de quantifiable. scientifiquement parlant. Les ressentis que vous avez à l'égard de celle-ci sont par contre subjectifs et variables d'un individu à l'autre. Mais c'est ok, parce qu'une grande part de l'expérience humaine est subjective et intime Aussi, l'idée n'est pas d'éliminer la subjectivité mais de faire en sorte qu'il y ait une part d'objectivité dans votre subjectivité. Afin d’apporter de l’équilibre là aussi. Encore une fois, rien à forcer en ce sens, parce que votre subjectivité s'épurera d'elle-même, graduellement, au fur et à mesure que l'émotionnel se pacifiera. Cela vous ramènera naturellement vers plus d'objectivité. Plus nous sommes en écoute et en observation de notre énergie, plus nous établissons le lien entre la conscience et le vivant. Le lien entre ces deux aspects de nous, c'est l'énergie.
C'est l’union entre Śiva et Shakti.
Aussi, lorsque nous parlons de maître intérieur, nous ne parlons pas de petite voix qui nous guide, de rêves qui nous envoient des messages et encore moins d'êtres galactiques ou célestes provenant d'autres dimensions ou plans. Qui seraient là pour nous dire quoi faire ou nous annoncer ce qui est à venir pour nous. Tout ça, ce sont de productions hypnagogiques induites par votre système limbique.
Il n'y a donc pas de prédictions à faire, que ce soit pour 2026 ou même pour demain.
Il n'y a pas non plus d'intention à nourrir, autre celle que d'être attentif à la gestion de votre énergie et à l'écoute de ce que celle-ci exige en termes de besoins.
Besoins de repos, de mouvements, de nourriture, de relations positives et surtout... de sentiment de sécurité.
Que pouvez-vous faire au quotidien pour sécuriser votre système nerveux? Le réguler et le ramener au calme, mais aussi le renforcer face aux stresseurs de la vie, qui demeurent inévitables.
Ces éléments sont excessivement importants, ils sont la base sur laquelle peut se déployer une spiritualité saine et incarnée. Ces aspects sont bien plus importants que toutes les lectures et visionnements d'enseignements spirituels. Plus importants que les cours, formations et autres choses que vous pourriez apprendre pour remplir votre tête. La remplir de toutes sortes d'informations sur la psychologie, le développement personnel et autres recettes prometteuses d'un bonheur, qui ne peut arriver tant et aussi longtemps que certains mécanismes ne sont pas arrivés au bout de leurs courses.
Remplir inutilement votre mental et votre intellect ne les rendront que plus longs à « vider » de toutes ces croyances qui, vous le verrez avec le passage du temps, sont fluctuantes et éphémères dans la courte vie du chercheur spirituel...
Lorsque vient le temps de prendre conscience de ce que vous êtes réellement, il n'existe pas que les quelques avenues propagées à l'heure actuelle, qui sont toujours les mêmes depuis les 150 dernières années. Si l'être humain en est rendu à répéter continuellement le même lot de petites idéologies étriquées et inadaptées, c'est qu'il n'est plus en relation avec la créativité propre à l'intelligence du vivant et qu'il manque de vision. Aussi, ne faut-il pas se surprendre que les propos véhiculés par les enseignants, maîtres, guides et gurus des 2 ou 3 derniers siècles soient ceux que l'on voit partout, ou encore ceux qui sont recyclés sous de nouveaux habits et systèmes. Comme l'échelle de conscience, l'énéagramme ou le design humain. Les planches anatomiques de la médecine et les approches énergétiques orientales sont trop complexes pour des esprits devenus paresseux à force d'avoir le regard rivé sur des écrans à se faire gaver gratuitement. Aussi faut-il trouver des raccourcis en inventant des systèmes bidons qui ne font que continuer d'éloigner les gens de l'observation de leur propre système.
Il faudra que d'autres voix s'élèvent et heureusement, elles commencent à le faire. Je le vois sur d'autres plateformes, des plateformes peut-être moins populaires, mais des plateformes qui sont en émergence. Ces voix propagent d'autres discours et n'ont pas peur de rappeler aux egos spirituels gonflés à bloc par leurs prétendues révélations, que ce qui est véhiculé comme étant l'éveil n'est maintenant qu'un simple constat banal:
Soit celui de réaliser que vous n'êtes peut-être pas ce que vous pensiez être.
L'invitation qui vous est faite ici pour 2026, c'est de voir clairement que tout ce que vous lisez ou entendez au sujet de l'éveil, n'est que le vernis qui vient de se fissurer et craquer. De voir que nous sommes si attachés à ce vernis qu'il nous faut faire grand état de tout ce qui vient l'affecter ou l'entacher. Si nous pouvons récupérer cela pour s'attribuer une nouvelle identité, préférablement celle de Dieu ou de la Conscience, c'est le scénario idéal en ce moment.
Mais la réalité. c'est qu'il n'y a pas d'éveil au sens où celui-ci est encore véhiculé. Comme un espace de paix, de lumière, d'amour, de joie ou encore celui de la manifestation de tous vos rêves et désirs.
Il y a un processus d'auto-révélation de ce que nous sommes véritablement et réellement, qui se produit lorsque nous sommes prêts à nous soumettre à ce processus.
Ce que nous sommes réellement ne se nomme pas et ne s'explique pas, cela se vit. Plonger profondément en vous, vous amènera dans une posture grandissante de vulnérabilité et d'authenticité, où vous êtes continuellement invité à collaborer à ce que votre système interne a besoin d'exprimer, de libérer et d'actualiser. Oui, vous grandirez en paix et vivrez une réalité intérieure qui deviendra de plus en plus indescriptible. Mais cela se révèlera être à la hauteur de l'abdication que vous aurez face à cette intelligence du vivant en vous. Plus vous vous soumettrez et accepterez de vous oublier en tant que petite personne avec ses drames et ses hauts faits d'arme, plus vous récolterez des bénéfices de ce processus. Des bénéfices qui ne seront pas apparents, que vous ne pourrez pas vendre ou monnayer parce que c'est dans votre vécu intime qu'ils se produiront.
Or, votre vécu intime ne se prouve pas et se vend bien mal...
Il se transmet certes, parce que vous êtes une réalité énergétique en constantes interactions avec son environnement. Mais lorsque nous arrivons dans le subtil et l'intangible, bien peu de gens sont prêts à se soumettre à une transmission qui fera remonter plus d'inconforts que d'états de bliss.
Le problème en cette ère de confusion grandissante, c'est que les gens veulent les bienfaits d'un processus qu'ils ne comprennent pas ou peu, mais pas les désagréments. C'est cela qui guide leurs recherches sur les réseaux et leur quête spirituelle en général. C'est normal parce que pour la plupart, c'est le mal-être, le malheur ou la souffrance qui les portent vers l'avant. De leur dire que c'est précisément ces états qu'ils doivent aller rencontrer et accepter d'exprimer, n'est donc pas un discours accrocheur et vendeur. Ceci expliquant cela, c'est aussi pourquoi il y a un nombre grandissant d'êtres présumément sortis de ces dynamiques, qui vous vendent leurs méthodes, outils et autres recettes miracles.
Actuellement, je m'éloigne beaucoup de tout ce qui concerne le partage et la transmission dans le subtil comme dans le vivant. Subtilement, la transmission se fait toujours alors je n'ai pas à prendre en charge cet aspect. Mais encore faut-il qu'il y ait des ouvertures, des espaces où l'énergie puisse se faufiler... Ce qui n'est pas le cas en ce moment, ou très peu. Quant à ce qui se passe dans le vivant, dans les apparences, ce n'est pas parce que cela ne m'intéresse plus mais bien parce que n'étant plus sollicitée en ce sens, la vie m'amène ailleurs.
C'est ainsi que les choses fonctionnent dans l'énergie. La passivité entraîne la passivité et l'immobilisme. Vous demeurez dans le figement de votre système dorsal, dévitalisé et impuissant. L'énergie stagne et ne circule plus.
Alors que le mouvement entraîne le mouvement et que la réciprocité entraîne la transmission et l'échange d'énergie.
Quand les choses stagnent dans un espace donné, la vie vous amène ailleurs. Or, actuellement en spiritualité, les choses stagnent et tournent en rond parce que les gens sont pris dans un bourbier d'informations dont ils devront apprendre à discerner le faux du vrai.. Ce qui stagne se corrompt et un système équilibré ne laissera pas les choses pourrir et mourrir. La vie m'entraîne donc ailleurs et pour moi c'est très bien. Ma vie est de plus en plus riche et remplie à tous les niveaux et je déborde littéralement de gratitude en ce moment tant je réalise à chaque jour un peu plus la chance que j’ai.
Pourtant, ce n'est pas que la vie ne m'offre pas certains défis non plus, au contraire.
Je rencontre régulièrement des zones de tension et le fait d'être éloignée d'activités que j'aimais beaucoup entraîne là aussi son lot d'émotions à rencontrer. Mais paradoxalement, même celles-ci me paraissent bien vite traversées et emportent de la beauté.
De ne plus chercher d'explications emporte une facilité accrue lorsque vient le temps de traverser le tumulte.
Cela dit, je demeure quand même avec une certaine tristesse qui revient me visiter lorsque je suis placée en contact avec toutes les informations incomplètes, fragmentaires ou trompeuses qui circulent sur le web. C'est pourquoi j'y vais de moins en moins. J’ai délaissé le groupe de discussion ici sur mon site, puisque j’étais la seule à y publier et je ralentis maintenant la cadence des infos-lettres et textes ici. Qui reviendront à ce qu’ils étaient au départ, c’est-à-dire plus ou moins une fois par mois. Mon gestionnaire de site web m'offre des statistiques qui me permettent de voir que là aussi les choses stagnent. Le nombre de gens qui ouvrent et lisent mes info-lettres diminue et je dois donc m'adapter à cette réalité.
Je trouve mon rythme sur Substack, un rythme qui me convient. J’y vais pour partager mes textes, idéalement le matin et retourne ensuite au vivant. Je lis de temps en temps les textes de cette plateforme quand je suis en attente à quelque part ou que je n’ai vraiment rien à faire. Mais sinon, je garde mon téléphone à bonne distance et prend mes messages qu'en début ou en fin de journée.
Bien qu'il n’y ait plus de réel élan à me vendre ou de besoin de convaincre, je sais pertinemment que de retourner me plonger dans la mer d’informations contradictoires qui circulent sur le web ne fera que raviver inutilement un besoin de rectifier le tir, corriger les inepties ou partager ma petite tranche de vécu. Je sens que cette dynamique, la dynamique de l’enseignante, même si elle ne m’habite plus de la même manière, est encore bien vivante à la périphérie. Aussi, d’aller nourrir autre chose est ce dont j’ai le plus besoin actuellement puisque la vie ne me place plus dans le rôle de l’enseignante.
Je ne suis pas meilleure ou pire que tous ces gens qui partagent leur petit bout de vérité. Mais j'assume et incarne de plus en plus ce que je suis, peu importe comment on décide d'appeler ou nommer cela. Je n’ai d'ailleurs plus envie de nommer cela, d'apposer des étiquettes d'éveil, de réalisation ou autres termes du genre qui pour moi appartiennent à une époque qui est en train de mourrir. C’est peut-être pour ça d’ailleurs que je ne sens plus le même besoin de passer tout mon temps à parler des choses d'une perspective qui soit uniquement spirituelle, ou qui mette l’emphase sur le vécu dit personnel. Un pont doit s'établir entre la conscience et le vivant et ce pont, je le répète, c'est l'énergie. Je persiste à croire que les gens ont besoin d'informations quant au fonctionnement de leur système interne. Que ce soit au niveau du processus d'éveil de la Kundalini ou du fonctionnement de leur système nerveux, tous les chemins pour moi sont bons et le spirituel n'est pas une fin en soi. Pas plus qu'un commencement non plus.
Bien sûr que d'expliquer le fonctionnement de notre système, ça, je crois que je serai toujours habitée de cette passion. Mais comme je n'ai plus aucune volonté non plus de forcer les choses ou nourrir des actions pour « me faire connaître » davantage, tout est très bien. Je vis les émotions qu'il y a à vivre en regard de cela lorsqu'elles se présentent et encore là, il n'y a pas grand chose de plus à en dire. Quant à continuer à faire des vidéos ou des textes qui tentent d'expliquer le vécu qui prend place ici, sincèrement, je commence à être à court de mots lorsque vient le temps d’en parler.
CONCLUSION
Je voulais terminer ce texte, en vous rappelant quelque chose d'important pour moi. Vous parler brièvement de simplicité, des petites choses et du bonheur facile.
Pour illustrer mon propos, je vous ai mis une photo pour accompagner ce texte, qui évoque ce que j'entends par là.
Lundi dernier, j'ai reçu une enveloppe qui provient de la France. C'est une lectrice, une abonnée ici qui a acheté récemment un exemplaire du Journal quotidien de Gratitude.
Pour la petite histoire, vous devez savoir que ce projet était un projet en auto-financement avec un système de précommande. À l'issu du projet, il m'est resté 3 exemplaires du journal, dû à des annulations de commande de dernière minute. Comme j'étais inexpérimentée dans ce genre de mode de financement, je n'ai pas su évaluer avec justesse mes coûts, ce qui fait que finalement, je n'ai pas couvert les frais de ce projet. Cela dit, j’ai quand même récupéré une plus grande partie des frais engendrés qu’avec les ventes de mon livre jusqu'à ce jour. Qui est, quant à lui, un projet que j'ai entièrement financé. Enfin, peu importe, on ne s'embarque pas dans ce genre de projet pour faire de l'argent. On y va parce qu'il y a l'appel à le faire.
Bref, cette lectrice m'a fait parvenir deux petits présents ainsi qu'un beau message qui accompagnait le tout. Le petit bas de Noël miniature a été fait de ses mains. À l'intérieur se trouvaient de délicieuses amandes enrobées de cacao. Le message à gratter c'est aussi elle qui l'a confectionné.
Quand quelqu'un prend le temps de mettre son coeur dans un présent ou un projet qu'il/elle compte offrir aux gens, que ce soit gratuitement, ou moyennant une certaine forme de rétribution, c'est ce qu'on appelle un geste gratuit. Même s'il y a un prix à la clé. Ce n’est pas parce qu'il n'y a pas d'attentes d'un retour quelconque, mais plutôt parce que le geste qui provient du coeur n'est pas calculé.
C'est un élan, qu'on décide de concrétiser, sachant très bien qu'il y aura des coûts autour de celui-ci. Le matériel, les coûts de production, les frais d'envoi, etc. On essaie de pas y perdre sa chemise et de faire en sorte que la faisabilité du projet entre dans un certain cadre, mais à la base, le but c'est le plaisir.
Se faire plaisir et faire plaisir aux autres. Parce que faire plaisir aux autres c'est aussi se faire plaisir.
Les gestes et élans du coeur doivent trouver leur écho. Mais encore là, l'écho n'a pas de proportionnalité dans le format ou le cadre L'écho ou le retour si vous préférez, ne procèdent pas de la logique, c'est purement énergétique, encore une fois. Pour mon livre, j'ai reçu de nombreux retours. Des commentaires et remerciements pour la plupart. Des gens ont pris le temps de s'asseoir et m'écrire leurs impressions, commentaires, les bienfaits que le livre leur a apporté, etc. Donc pour moi la boucle est bouclée avec le livre et comme la dépense a déjà été passée, il n’y a pas de pertes financières réelles. Ma « paye » et tout mon contentement à l'égard de ce projet, je les aies reçus avec les retours que j’ai eu sur le livre.
Aujourd'hui, il en a été de même avec les jolis présents que m'a envoyés cette lectrice. J'ai eu beaucoup moins de retours sur le Journal quotidien de Gratitude que sur mon livre. Ce que je trouve ironique, vu qu'il s'agissait d'un outil pour instaurer une pratique de gratitude... Ce que je trouve charmant par contre et me ravit totalement, c'est que c'est en vendant l'avant-dernier exemplaire qui me restait que je reçois un présent. J’avais reçu deux retours positifs, mais un cadeau, c’est une première!
Ce que je veux illustrer avec cette anecdote, c'est que même si le coeur et l'âme ne calculent pas, ils ont quand même besoin d'être nourris...
Lorsque ces aspects de nous ne le sont pas, l'être se retire et prend une autre direction. Ne prenez donc jamais les choses ou les gens pour acquis, parce que l'énergie va là où elle est nourrie. Les besoins ne sont pas le propre de l'humain, ils sont le propre de la vie. Les besoins n’ont rien à voir avec les désirs ou les attentes qui proviennent d’espaces blessés, ce qui constitue une toute autre dynamique au niveau énergétique.
Comprendre la réalité énergétique, c'est un « game changer » dans votre vie, je l’ai déjà dit. Parce que plus vous vous unissez à votre réalité énergétique, plus l’énergie va à la bonne place naturellement. Vous ne perdez plus votre temps à consacrer de l'attention à des choses qui ne vous nourrissent pas. Idem avec les relations. C'est pourquoi aussi les apparences, le bling-bling et le tape-à-l'oeil ne vous attirent plus.
Parce que cela n'est pas nourrissant pour l'âme.
La réciprocité nourrit le coeur et l'âme. Directement. Elle revitalise tout notre être et c'est pourquoi elle est si importante. Elle créé un réel échange d'énergie dans le subtil. Quelque chose qui pour moi est excessivement palpable. Cela n'a rien à voir avec un sentiment. C'est une énergie qui entre directement pour nourrir la partie la plus vitale de ce que vous êtes.
Donc, à cette lectrice, encore une fois mille mercis.
Ce sont souvent les attentions et les gestes qui pour certains paraîtront banals, qui sont les plus significatifs dans la réalité de ce que nous sommes véritablement. Les gestes d'éclats aveuglent. Ils nourrissent l'émotionnel superficiel, celui qui flatte et gonfle l’ego, pendant quelques heures, jours tout au plus. Pour laisser le vide existentiel se manifester encore plus vivement, une fois que les projecteurs sont éteints. Ce genre de dynamique énergétique est précisément celle des désirs et des espaces fermés parce que blessés. L’énergie ne pénètre pas les couches profondes et c’est pourquoi le bien-être ne se maintient pas.
Mais les petits gestes, ceux qui sont faits dans cette simplicité qui vient nous toucher, eux demeurent bien vivants dans notre coeur.
Il est là le lien que je voulais vous faire avec le début de mon texte. Ne plus chercher d'explications c'est également cesser d'écouter celles des gens qui ne savent pas nourrir l'espace du coeur ainsi que ceux/celles qui renient la réalité de l'âme au profit de celle de l’esprit, qu'ils confondent la plupart du temps avec la conscience.
L'an prochain, lorsque je ferai mon sapin, j'y accrocherai le bas de Noël tout mignon qu'une personne d'un autre continent, une personne que je n'ai jamais rencontrée, a pris le temps de confectionner pour me témoigner sa gratitude à l'égard d'un journal dont elle n'a pas vraiment de besoin...
Parce que son geste est l'évocation même de tout ce que je journal tend à faire naître et vouloir développer chez les gens.




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