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  • Photo du rédacteurAmrit

Tourner le regard



Quand tu tournes ton regard vers l’extérieur il y a toujours une cause. Une cause à ton bonheur, une cause à ton malheur. Une cause à ta joie, ton amour ou ta peine. Une cause à ta réussite ou ton échec. Avec le temps ce regard obnubilé par la matérialité te dépossédera de volonté, de courage et de possibilités de voir les choses s’améliorer, parce que tu demeures l’éternelle victime des circonstances et situations rencontrées.


Quand tu tournes le regard vers l’intérieur, tout disparaît pendant un temps. Plus rien n’est réel et n’a de substance, tu deviens une sorte de rêve pour toi-même. Mais lorsqu’on y regarde bien, il y a encore et toujours une cause. Tu deviens responsable de ton bonheur ou ton malheur. Tes pensées et toutes les histoires qui viennent avec deviennent la Source de la grande tragédie qu’est la Vie. Tu n’es plus le penseur, mais cette pensée, encore présente et avec laquelle tu te débats devient la cause de tout.


La désidentification devient ton but, « ta cause » et il y a encore quelqu’un de bien installé à vouloir choisir ce qu’il veut et ne veut plus de la Vie.


Quelqu’un qui est là passivement ou activement à « se responsabiliser ».


Tu peux alors faire un pas, croître et reprendre du « pouvoir » sur ta Vie. Tu peux goûter à ta créativité, croire en la possibilité de « manifester » et être dans la joie de réaliser tes rêves les plus fous. L’énergie se ressent, le mouvement vers l’action reprend et le flot de Vie revient à sa Source pour mieux pouvoir s’aligner à soi, ses besoins et ses envies.


L’un procède de l’autre, c’est ce que Jung appelait « le processus d’individuation ». Toucher à son essence, nous dépouiller de ce qui ne nous sert plus, ce qui n’est pas nous, pour faire émerger quelque chose de plus vrai, de plus naturel et surtout moins conditionné.


Ce que j’appelle dans mon livre « le point zéro », c’est la fusion de l’un et l’autre. Lorsqu’il n’y a plus cette perception et ce vécu d’un extérieur ou d’un intérieur, lorsqu’il ne reste plus rien d’autre que ce grand ouvert qu’est TOUTE la Vie elle-même.


La Vie extérieure n’est pas différente, meilleure ou plus méritoire que la Vie intérieure et vice versa. En fait, il ne s’agit que d’une seule et même Réalité.


De cette perspective, il est vu que les deux visions supportées ci-avant sont vraies et fausses à la fois et qu’aucune d’elle ne peut être représentative d’une réalité qui est à la fois unitaire et multidimensionnelle.


Certains la nomme « fractale » et c’est une assez belle image de la chose finalement.


Personne n’est la « cause » pas plus que le « responsable » de quoique ce soit. La Vie est un phénomène complètement naturel qui se produit de lui-même. Dans ce jeu nous pouvons être complètement et totalement ce que nous sommes jusqu’au bout des ongles.


En réalité, la seule véritable chose à faire et notre plus complète responsabilité est de simplement « être ».


Être à l’écoute ainsi que présent à ça, tout le temps, à chaque Instant.


Laisser émerger cette Vie, aller au bout de nos envies, accueillir la joie, la peine, la colère et l’Amour à la même hauteur. S’ouvrir à toutes les manifestations qui ne sont pas de notre fait, mais le propre de la Vie elle-même dans sa nature intrinsèque et profonde.


Il n’y a aucun favoritisme ou élitisme à mettre en place dans nos vies. Qu’il s’agisse d’expériences, de situations, d’émotions ou de gens rencontrés. Toutes les expériences sont bienvenues, tous les moments d’inaction et d’inertie aussi.


Ainsi la Vie se vit complètement naturellement.


Comme une créature de la nature et non pas simplement comme un « homo sapiens ». Sapiens est un qualificatif qui a plusieurs sens qui nous ramènent tous à la connaissance, la raisonnabilité et la prudence. Des éléments qui ont tous été conditionnés et orientés d’une certaine façon par des critères établis collectivement. Des critères changeants et fluctuants qui se modulent au gré des époques et des courants. Des critères qui ont été déterminés dans le favoritisme et l’élitisme propre à ceux qui se retrouvent au sommet de la hiérarchie ou ceux qui obtiennent la visibilité et la renommée.


Il en a toujours été ainsi dans ces structures verticales que sont celles au sein desquelles nous naviguons depuis toujours. Peu importe le milieu: économique, politique, social, culturel ou spirituel.


Dans le « mieux vivre ensemble » il est évident qu’il devra toujours y avoir des règles et un certain consensus. Ce qui est constamment à revoir et établir, c’est comment nous établissons ceux-ci. En faveur ainsi qu’au détriment de quels groupes en particulier. Tant que nous seront dans cette idée de « particularité », les choses en seront ainsi.

Tant qu’il y aura des inégalités et des injustices, certains groupes seront à protéger et d’autres à surveiller. On ne peut échapper à ce phénomène, qu’il en plaise ou non à certains.


Tant que le principe de verticalité ne sera pas activé en chacun de nous, nous avons encore besoin de ces structures.

Mais, lorsque nous arrivons dans le domaine spirituel, celui qui vise, justement, à faire naître en chacun de nous cette verticalité, prend bien garde à ceux et celles qui veulent établir des normes et des standards en matière d’êtreté.


Parce que sous des couverts d’Absolu et de Liberté, par des promesses de bonheur ou en habits de grands initiés, ils installent encore aujourd’hui, des standards.


Que ce soient de nouveaux standards ou les anciens qu’on entretient, on continue à vouloir classifier les gens. À une certaine époque on parlait de vertueux(euses) et de pécheurs(resses), de justes, d’élu(e)s et de pénitent(e)s. Aujourd’hui on utilise d’autres mots. « Éveillé(e)s », « Réalisé(e)s », « Illuminé(e)s » et autres termes du genre, qui sont maintenant ceux utilisés pour se regrouper en clubs, cercles, groupes, communautés et réseaux.


Mais peu importe les termes utilisés, ils appellent encore et toujours la partie à se jouer dans le favoritisme et l’élitisme parce qu’ils impliquent des gens qui imposent la norme et le standard, qui choisissent qui peut faire partie de l’élite ou non. À qui j’accorde mon attention, mais surtout au « pourquoi » je choisis.


Pourquoi je fais encore un choix et surtout quelle part de moi croit encore à la notion du choix ou, au contraire, n’y croit tellement plus que cette part encore trop souffrante pour l’affronter a totalement renoncé à s’observer au-delà de ses croyances à n’être rien ni personne.


La réponse n’est pas bonne ou mauvaise. Si elle est posée avec sincérité, elle révèlera toujours la Vérité.

La Vérité pour soi.


La Vie est ce phénomène naturel auquel nous avons greffé des façons de faire qui en entravent son cours naturel et son absolue liberté. Or dans ces façons de faire qui entretiennent la visibilité et la renommée, qui entretiennent le fait de donner plus de tribune et/ou de pouvoir à certain(e)s qu’à d’autres, tu te retrouves positionné/e d’une façon telle que tu continues à te tourner vers la lumière d’autres gens plutôt que la tienne.


Sous prétexte de pouvoir bénéficier de la connaissance ou la lumière de de quelqu’un d’autre ou de l’idéologie véhiculée par celui ou celle-ci, tu ne vois pas que la seule chose qui soit importante, c’est de tourner le regard vers toi, pour faire émerger toute ta potentialité.


La lumière Est, elle se propage et se diffuse d’elle-même et s’offre continuellement. Elle est présente partout, tout le temps et n’est pas l’attribut ou la particularité de certains êtres plus que d’autres.


Bien sûr, lorsque nous avons trouvé, touché ou goûté cette lumière en nous, il est normal et naturel de vouloir la partager c’est le propre de la montée dans notre verticalité! Donc, je ne suis pas en train de dire que ce phénomène doit cesser ou être découragé, au contraire…


Ce que je pointe est l’émergence de groupes et/ou communauté qui reposent encore et toujours sur de vieux mécanismes qui demandent plus que jamais à être vu pour ce qu’ils sont dans ce qu’ils continuent d’entretenir et d’encourager de façon subtile, parfois même dans la plus complète ignorance de ceux et celles qui y participent.

Nous appelons cela de la « solidarité », nous nous vantons de vouloir offrir des tribunes d’échanges et de partage. Mais sous ce discours se cache toujours la même proposition assez linéaire finalement, qui n’offre que très peu de diversité dans les approches et les portes d’entrée. Et lorsque nous avons le malheur d’oser le faire remarquer, ce qui est rencontré ce n’est pas de l’ouverture ou de la curiosité mais ces mêmes bons vieux mécanismes de réactivité, de se liguer ensemble « contre » celui ou celle qui voudrait nous empêcher de tourner en rond. Ce sont encore et toujours des mécanismes de fermeture ou parfois même la justification suprême: Celle qui consiste à prétendre que nous n’avons pas à nous justifier.


Pour être maître et souverain de son royaume, il faut savoir marcher seul/e. Complètement seul/e pendant un bon bout de temps. Assez pour avoir vu toute l’ingéniosité de la Vie lorsque vient le temps de défaire ce qu’elle avait construit. De voir qu’à chaque fois elle s’y prend d’une nouvelle façon. Qu’en chacun/e de nous elle se joue différemment.


C’est ce qui permet de voir que, finalement, il n’y a pas véritablement de souveraineté.


Que nous ne sommes que des enfants…


Enfant de la Nature, enfant de Dieu, nous pouvons le voir de bien des façons selon les croyances ou les convictions. Mais peu importe, ce n’est pas dans l’idolâtrie, l’influence, la comparaison et surtout pas dans l’établissement de standards sur la façon « d’être » qu’émerge la Vérité.


Comprenez-moi bien, par « Vérité », j’entends ici « Ta Vérité ». Parce qu’il n’existe pas qu’une seule Vérité, tout autant qu’il n’existe qu’un seul grand principe directeur.


La Vérité c’est la meilleure façon qui soit, pour toi, de vivre TA VIE. Alors la SEULE Vérité c’est celle de l’Instant, parce que la seule réalité c’est celle qui est là en ce moment. Or, ce moment, il est différent d’un individu à l’autre et surtout, il est toujours changeant.


Cet Instant il se vit pour soi d’abord et avant tout, dans son intimité et son unicité la plus complète. Mais il se vit ÉGALEMENT dans une collégialité avec son prochain.


Collégialité qui le laissera véritablement libre d’être ce qu’il est et de trouver son chemin comme il l’entend.

Sans influence, sans comparaison, sans favoritisme et sans élitisme ou au contraire… complètement immergé dans ceux-ci!


Il n’y a que dans l’accueil à ces deux façons de vivre les choses que peuvent se trouver le Respect de l’Unicité présente en chaque être et l’Amour de la diversité inhérente à la Vie elle-même.


Donc, même si je pointe, je respecte et accueille TOTALEMENT cette façon qu’a de se jouer la partie en ce moment.


Je ne pourrai jamais faire autre chose que t’encourager à irradier toute ta Joie, ton Amour et ta Lumière. À les rayonner jusqu’aux confins de l’Univers si tu le souhaites!


La seule chose finalement que ce texte vise à te dire, c’est que dans cette démarche qui te place dans ta verticalité, essaie de ne pas chercher à convaincre quiconque de ce que tu es.


Tu n’as pas à faire cela, tu n’as rien à prouver, pas besoin de t’imposer de quelque façon que ce soit puisque tu es déjà parfait(e) tel/le que tu es.


Essaie aussi d’éviter de croire que la façon dont ça s’est joué pour toi est « ZE façon ».


Que la philosophie, la voie ou le chemin emprunté est « ZE méthode », « ZE solution ».


Garde à l’esprit que ta lumière n’a pas besoin d’être vue ou que ta vibration n’a pas à produire « d’effets ».

Soit simplement ce que tu es et dans l’humilité de tout ce que tu n’as pas encore compris. Parce que nous sommes toujours en apprentissage, et que l’apprentissage se révèle toujours dans ce partage du cœur, lorsqu’il se fait sincèrement.


Dans ce courage qui naît avec la vulnérabilité qui vient du fait de s’exposer à la vue et au regard de l’autre.


C’est beau la Vie lorsqu’elle se déploie.


Et ça, juste ça, ça mérite d’être partagé.


À mon sens, c’est la médecine la plus puissante qui soit.


Nous avons beaucoup à nous apprendre les uns des autres lorsque nous nous ouvrons vraiment à toute notre diversité. Et la guérison, si guérison il y a, en procède énormément du simple partage de notre expérience.


Seul on va plus vite mais ensemble, vraiment ensemble, on va plus loin.

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